‹ Rig-véda ou Livre des hymnesChapitre 61 sur 1127 · A INDRA, PAR III R A N Y A S T 0 U P A · texte numérisé non relu

A INDRA, PAR III R A N Y A S T 0 U P A

(Mitre : Trichtoubh.)

1. Venez, allons vers Indra, (qui nous enverra) les vaches (célestes) que nous désirons ; il peut faire le bonheur des hommes sagement pieux. (Dieu) invulnérable, il nous fait goûter tous les plaisirs de l’abondance que procurent ces vaches (merveilleuses).

2. De même que l’épervier vole vers son nid, moi je me rends vers ce maître généreux et invincible, et j’honore par mes justes louanges cet Indra digne de tous les hommages de ses serviteurs.

3. Entouré de son armée *, il a pris son carquois et ses flèches. 11 est pour nous le père de famille2 qui conduit ses vaches là où il veut. Indra, toi qui donnes la richesse, montre-toi généreux ; ne sois pas pour nous un marchand.

i. Et voilà pourquoi tu as frappé de ton arme (Vritra), le brigand 3 chargé de butin ; Indra, seul

1. Cette armée, dit le commentateur, ce sont les nuages. Je croirais que le poëte désigne ainsi la troupe des Marouts.

2. Les mots père de famille servent de traduction au mot Arya, que je regarde comme fort important. Mon opinion particulière est que la colonie indienne conduite par Manou, et qui s’est établie dans CAryâvartta, venait des contrées qui sont à l’occident de l'Indus, et dont le nom général était Arie, Ariane, Hiran. Le mot simple arya, et le mot de descendance, ârya, devaient être la dénomination générale des colons, qui devinrent propriétaires des terres. De là résulte que dans la langue ordinaire, le mot Arya, cessant d’être un nom de peuple, a conservé le sens de maître; plus tard encore, le système des castes ayant été établi, les hommes attachés à la culture de la terre ont conservé la dénomination A’ Arya, confondue avec celle de Vésya. Cependant les anciens habitants du sol indien avaient été repoussés sur les montagnes, et, contraints de vivre de déprédations, ils avaient reçu le nom de dasyon (brigand). Peut-être aussi devaient-ils ce nom à leur caractère barbare, qui contrastait d’une manière étonnante avec celui des Aryas, moral et religieux ; tellement que le mot arya ou ârya était devenu synonyme de bon, de respectable. A mesure que les colonies ariennes se sont multipliées, le nom du peuple s’est perdu, pour faire place à des dénominations nouvelles tirées des lieux ou des personnages ; mais je pense que

’ comme le mot Hellène a désigné en général les peuples grecs, le mot Arya a longtemps aussi distingué les nations indiennes, et qu’on le trouve plus d’une fois avec cette signification dans les hymnes que je traduis. Ici Indra reçoit cette épithète: c’est une manière d’identifier le dieu avec la nation par le moyen d’un mot à double entente et cher à tous les souvenirs : Indra est maître, il est Arya. Tel est le nom que l’on donna dans la suite à la déesse Pàrvati; elle fut aussi Aryà.

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