‹ Rig-véda ou Livre des hymnesChapitre 62 sur 1127 · C’est-à-dire le Dasyou, comme tout à l’heure In · texte numérisé non relu

C’est-à-dire le Dasyou, comme tout à l’heure In

INDE. — POÉSIE LYRIQUE

[Lect. XI!.]

tu l’as attaqué, les Marouts étant près de toi. Sous les flèches de ton arc, les Sanacas 1 ont trouvé la mort de mille manières ; ils ont péri, ces êtres qui ne connaissent pas les sacrifices.

5. Ces impies, qui osaient lutter contre des (dieux) amis des sacrifices, tournèrent honteusement la tête, ô Indra, quand du haut des airs, à la face du ciel et de la terre, monté sur ton char, ferme, terrible, tu soufflas sur ces misérables.

6. Ils avaient attaqué l’armée du grand Indra ; les religieux 2 Angiras priaient en détresse. Tels que de vils eunuques qui voudraient combattre contre un héros, vaincus et troublés, (nos ennemis) furent précipités, et s’enfuirent devant Indra.

7. Et toi, Indra, sur les frontières de ton brillant empire tu combattais ces ennemis, qui, après avoir ri, pleuraient leur folie. Du haut du ciel, tes feux venaient consumer le brigand. Tu protégeais celui qui t’offre des hymnes et des libations.

8. Brillants d’or et de pierreries, nos cruels adversaires couvraient la terre, et s’enorgueillissaient de leurs forces. Ils n’ont pu surpasser Indra, qui les a vus s’évanouir à l’éclat du soleil.

9. Indra, lu embrasses également par ta grandeur et la terre et le ciel. (Excité) contre ces mécréants par nos chants respectueux, Indra, tu as soufflé sur le brigand.

10. Le puissant Indra a touché de sa foudre ces (nuages) qui du ciel n’arrivaient pas à la surface de la terre, et qui de leurs voiles magiques semblaient envelopper (le brigand) riche de ces dépouilles. De son trait lumineux, il a fait jaillir le lait des vaches (célestes).

11. Les ondes enlevées à Vritra coulaient au gré de nos souhaits. Cependant (l’impie) reprenait ses forces au sein des rivières. Indra, poursuivant son dessein, a d’un trait vigoureux, durant plusieurs jours, détruit son espoir.

12. Il a brisé la porte de cette caverne, où (Vritra) tenait les eaux enfermées avec lui. Indra a déchiré Souchna 5 aux cornes (menaçantes).

dra était appelé Arya. On pourrait croire, en lisant cet hymne, que c’est un chant allégorique en l’honneur d’une victoire remportée sur les brigands de la montagne, sous la protection du dieu national Indra.

1. Ainsi s’appellent les compagnons de Vritra. La mère de Vritra, Dânou , tire son nom du verbe dâ, qui signifie donner. Le mot Sanaca a une étymologie analogue : san veut aussi dire donner. Serait-ce un simple effet du hasard, que le rapprochement de Dânou et de Danaé chez les Grecs ?

2. Ce mot est la traduction de Navagwa, qui semble être le surnom d’une tribu d’Angirasas.

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