PERIODE PRIMITIVE
Deux pays fournissent seuls, dans l’ancien Orient, assez de documents pour déterminer les diverses périodes de leur civilisation, l’Inde et la Chine. La période primitive de l’Inde est représentée par le Rig-Yéda, ou Livre des vers. Nous avons choisi la traduction du savant orientaliste A. Langlois, nonseulement parce qu’elle est la seule complète en langue française, mais aussi parce qu’étant éminemment littéraire elle répond à notre but qui est la vulgarisation des chefs-d’œuvre de l’esprit humain.
SECTION PREMIÈRE'-
LECTURE PREMIÈRE
A A G N I â, PAR MADHOUTCHHANDAS.
(Mètre : Gâyatrî.)
1. Je chante Agni, le dieu prêtre et pontife, le magnifique (Agni) héraut du sacrifice 3.
2. Qu’Agni, digne d’être chanté par les Richis anciens et nouveaux, rassemble ici les dieux 4.
3. Que par Agni (l’homme) obtienne une fortune sans cesse croissante, (une fortune) glorieuse, et soutenue par une nombreuse lignée.
4. Agni, l’offrande pure que tu enveloppes de toute part s’élève jusqu’aux dieux.
5. Qu’avec les autres dieux vienne vers nous Agni, le dieu sacrificateur, qui joint à la sagesse des œuvres la vérité et l’éclat si varié de la gloire.
1. Il existe simultanément deux manières de diviser les Rig-Véda : ces deux manières se distinguent et en même temps se confondent assez pour qu’on ne puisse les indiquer à la fois sans inconvénient. Elles ont dù être introduites à des époques ou par des écoles différentes : Tune de ces divisions, que nous suivrons, est en huit sections, appelées achtacas ; un aclitaca renferme huit chapitres ou lectures, adhyâyas. Chaque lecture contient une trentaine, plus ou moins, de vurgas. Le varga est une réunion de vers ou uisliques appelés rig, qui varient de trois jusqu’à huit. La subdivision par hymne, soûkta, n’appartient pas à ce système de division, mais à l’autre système, qui est celui des mandatas. II y a dix mandatas partagés en anouvàcas. Chaque anouvâca contient un certain nombre d’hymnes ou soûktas. Nous n’avons pu admettre complètement Tune ou l’autre de ces deux divisions : nous avons pris la division par aclitaca (section) et adhyàya (lecture) ; puis à la subdivision par vargas nous avons substitué celle qui se fait par soûktas (hymnes). Nous avons numéroté ces soûktas, suivant le nombre qu’en renferme chaque adliyàya.
2. Agni, ignis, est le dieu du feu. Ce début du Rig- Véda, qui commence par un hymne à Agni, a donné lieu à la légende mythologique qui fait sortir le Rig- Véda de la bouche d’Agni. (Commentaire de Sàyana- Atchârya, copie de Paris, t. I, p. 5.)
3. Hotri a une double signification, suivant qu’on le tire du mot hou, sacrifier, ou du mot liivé, invoquer, appeler.
4. Le feu, allumé pour le sacrifice, donne aux dieux un signal auquel ils accourent.