J’aimerais mieux traduire : non loin de ses deux
parents . c’est-à-dire de l’Arani.
dont vous aimez l’habitation. Eaux (généreuses), vous ôtes nos mères.
't. Due ces Eaux divines viennent heureusement satisfaire à nos désirs et à notre soif. Qu’elles coulent pour notre félicité.
5. Eaux, qui êtes reines des hommes et maîtresses de la richesse, je vous demande un remède à mes maux.
6. 1 Dans les Eaux, m’a dit Sonia, sont tous les remèdes. Agni fait le bonheur de tous, et les Eaux guérissent tous les maux.
7. Eaux salutaires, protégez mon corps contre les maladies ! que je puisse longtemps voir le soleil !
8. Eaux purifiantes, emportez tout ce qui peut être en moi de criminel, tout le mal que j’ai pu faire par violence ou par libertinage 2.
9. En ce jour, j’ai honoré les Eaux; nous nous sommes présentés avec (des coupes remplies de) ce précieux élément. Agni, toi qui aimes les libations, viens, et couvre-moi de ton éclat 3.
DIALOGUE ü’YAMA ET D’YAMI. — R I U 11 I S * I YAMA ET YAMI.
( Mètre : Trichtoubh.)
1. (Yami). Qu’un ami vienne à son amie. Traverse le large océan (de la mort). Que lesage ( Vivaswân), pour fruit de ses méditations, voie le petit-fils de son père s’étendre sur la terre.
1. Les strophes suivantes se trouvent déjà section I, lect. ii, hymne iv.
2. Dans le même passage, première section, lecture n, hymne iv, strophe 22, j’ai commis une erreur de traduction j’avais lu sapé, au lieu de sépé.
3. Un manuscrit contient une strophe de plus, qui n’est point dans le commentaire.
4. J’ai déjà prévenu que le mot auteur ne traduisait pas exactement le mot richi. Le Richi n’est pas toujours l’auteur d’un hymne; c’est ce.ui qui y prend la parole. Dans plusieurs hymnes précédents j’avais douté du bon emploi que je faisais du mot auteur. (Voyez page 308, col. 2, note t. Ici je n’ai pu éprouver aucune hésitation. L’hymne que nous allons traduire semble être une scène d'un petit drame sacré, dont nous n’avons que cette page. En effet, Varna doit se décider à remplir son office éternel ; il doit renaître pour mourir encore.
Varna et Yami sont deux enfants de Vivaswàn. Voy. page 311, col. 1, note 1. Yami, sœur et épouse d’Yama, me paraît être, selon l’usage, la prière employée pour Yama; ainsi Indràni est l’épouse dTndra, Agnâyî celle d’Agni, etc. Quant au personnage d’Yama, il me semble être pour Agni ce que Varouna est pour Mitra : c’est Agni nocturne, c’est Agni mort dans le sacrifice, et endormi dans l’Aranî, d’où il doit renaître.
| Dans l’hymne vu, qui va suivre, le pocte dit que Vrihas-
INDE. - POÉSIE LYRIQUE
[Lect. VI.]
2. (Yama). Ton ami ne recherche point ton amitié. Si nous avons la même origine (que les autres dieux), notre forme est différente l. Les enfants du grand Asoura 2 sont des héros qui soutiennent le ciel; ils étendent leur large puissance.
3. (Yamî). Tous ces immortels désirent quelque chose, ne serait-ce que l’offrande d’un mortel. Moi, ma pensée est unie à la tienne. Que mon époux naisse, et se revête d’un corps.
4. (Yama). Je suis juste, et ne veux point condamner comme injuste ce que nous avons déjà fait. (Je sais) que le (divin) Gandharwa (est notre père), qu’au sein des ondes (célestes) Apyà 3 est son épouse et notre mère. Notre naissance est illustre.
pati, le Sacrifice, meurl, et livre son corps à Yama. La signification de ce mol doit êlre celle qu’indique le Dictionnaire de M. Wilson, n° 3. Cessation, stop , conclusion, finish. Yama, c’est Agni, qui a cessé de briller; c’est le sacrifice qui est éteint; c’est la noirceur de la nuit qui a remplacé l’éclat du jour; c’est l'interruption du sacrifice perpétuel de la lumière et de la vie. Yama est le feu latent, enseveli dans l’Aranî, et que l'effort des prêtres doit ressusciter : c’est Agni privé de sa flamme, c’est le soleil de nuit dont la chaleur est morie. Les compagnons d’Yama sont les Pitris, c’est-à-dire les Cères du sacrifice, les Dévas dont les feux ne brûlent plus (Voy. page 347, col. 1, note 3, les Rites personnifiés dont l’œuvre est terminée. Quand on considère ces Dévas du sacrifice comme des êtres réels, ils sont aussi appelés Pitris ou Pères des sacrificateurs, sages antiques qui passent pour avoir institué les cérémonies du culte : ce sont alors des Mânes, et Yama est leur roi. En sa qualité d’Agni, Yama préside aux funérailles ; il y est invoqué comme gardien des morts, et ses feux y consument les chairs; les os sont déposés dans la terre sous sa surveillance. « Yama est un Djâtavédas, » dit le poëte ; « mais c’est un Djâtavédas différent de celui des sacrifices. » C’est-à-dire que c’e-t le même être, avec une destination différente. Son origine indique encore que c'est un dieu du sacrifice. Twachtri, Agni organisateur, a enfanté Vivaswân , c’est-à-dire l’être brillant, l’être sacrifiant, Agni, dieu du sacrifice et dieu de la lumière. Il lui donne pour épouse Saranyoû, qui est la succession diurne du sacrifice, ou plutôt la Libation, ainsi unie à Agni. Vivaswân et Saranyoû ont pour enfant Yama, qui est la cessation du sacrifice, la mort de la lumière. Par toutes ces considérations, je me crois fondé à regarder Y'ama comme une des formes ! d’Agni. La légende des Pourânas ne ressemble pas tout j à fait à celle du I{i<j-Véda : cependant le dernier trait de cette même légende, qui donne à Yama un pied (pada) desséché, semble faire alluiion au foyer [pada) d’Agni, dont la flamme est épuisée.
I. Je n’ai pas donné le même sens que le commentaire qui explique celte pensée, en disant que l’un est mâle, l’autre femelle.
g. .le suppose que ce sont les rayons du soleil, que désigne ainsi Yama. Ce sont peut-être les Adityas.
3. Apyà est un nom de Saranyoû, qui circule au milieu des ondes célestes, ou qui naît au sein des libations. Plus bas Apyà est la Libation même.
5. (Yamî.) Noire aïeul le divin Twachtri *, et Savitri qui donne toutes les formes, ont voulu qu’au sein même (de notre mère) nous fussions
i mari et femme. Personne ne peut détruire ces œuvres. La Terre et le Ciel nous connaissent ; (ils connaissent) notre père.
6. (Yama.) Qui a connu son premier jour? Qui l’a vu alors? qui peut ici en parler? La demeure de Mitra et de Varouna est grande. Que me dis-tu, ô toi qui veux le mal des hommes ?
7. (Yami.) Yamî désire Yama. Elle veut avec lui dormir dans un même sein. Comme une épouse pour son époux, je veux pour toi parer mon corps. Roulons ensemble ainsi que les deux roues d’un char.
8. (Yama.) Les œuvres brillantes des dieux ne peuvent un instant s’arrêter dans ce monde. 0 toi donc qui frappes (les hommes), cherche promptement un autre époux que moi. Roule avec lui ainsi que les deux roues d’un char.
9. (Yamî.) Que les offrandes soient présentées à Yama le matin et le soir. Que l’œil du Soleil se rouvre pour lui. Que le Ciel et la Terre soient encore un couple de bons parents. Qu’Yami retrouve un époux dans Yama.
10. (Yama.) Nous sommes arrivés dans un âge où les épouses doivent supporter la perte de leurs maris. 0 femme, étends ton bras sous (la tête) d’un homme. Désire un autre époux que moi.
11. (Yamî.) Qu’est-ce qu’un frère qui n’est point votre protecteur? Qu'est-ce qu’une sœur livrée à Nirriti? Dans mou amour, je parle beaucoup. Rapproche ton corps du mien. ’
12. (Yama.) Je ne rapprocherai point mon corps du tien. On a déclaré pécheur celui qui épouse sa sœur. Cherche le plaisir avec un autre que moi. 0 femme, ton frère ne veut point de toi.
13. (Yamî.) Hélas! Yama, tues cruel. Je ne reconnais ni ton cœur, ni ton âme. Qu’une autre t’enlace avec sa ceinture, et t’embrasse comme la liane 2 (embrasse) l’arbre.
14. (Yama.) Yamî, embrasse un autre; qu’un autre t’embrasse comme la liane (embrasse) l’arbre. Désire son amour. Qu’il désire tou amour. Que votre union soit heureuse.