SCÈNE VI
Les mêmes, GILDA.
(F,lle paraît ait fond sous un costume d'homme, avec Loties et éperons. Elle s'avance en treniblaut \ers la maison, tandis que Sparafucile continue à boire silencieusement. — La foudre et les éclairs ''^vienuenl plus fréquents.)
CILDA.
Oui, je mourrai pour lui... pourtant il m'a trompée. Tu disais vrai, mon père... Oh ! quelle horrible nuit!
Que va-t-il se passer?..
MADELAI!SF.^ qui est redescenJue, apportant l'épée de Sparafucile.
ÉcoiUe-moi, mon frère!
CILDA.
Qui parle ?
MADELATNE.
Il est trop jeune et trop beau...
SPARAFUCILE.
Laisse-moi.
MADELAl.NE.
Puis il m'aime, et je l'aime aussi.
SPARAFUCILE.
Tant pis pour toi.
(cilila s'est approchée de la porte de la maison, regarde par les crevasses du
mur et écoute ce qui se dit à l'intérieur.)
MADELAI^E.
Tiens, laissons-lui la vie...
GILDA, à pan.
0 ciel 1
(Sparafucile est allé chercher, derrière un \ieux bahut, im grand sac de toile.) SPARAFUCILE.
Prends cet objet.
(U jette le sac à ses pieds.) HÀDELAINE.
Un sacî
SPARAFUCILE,
u doit servir de linceul au muguet.
Vois s'il n'y manque rien; gardons bien qu'il en sorte.
GILDA, à part.
Horreur! ah ! je suis morte I
MADELAINE
Doit-il vraiment mourir? Qui te fait une loi De tuer un si beau jeiine homme?
Qui m'aime... et qui me plaît en somme.
SPARAFUCILE,
S'il te plaît, que m'importe à moi ?
MADELAINE
Écoute : ici-bas tout s'arrange; Ne peut-on pas faire un échange?
11 s'agit donc de dix cens?
J'en conviens, cela tente.,.
Et tu les a reçus.
Et je sais qu'avant' de les rendre, Volontiers tu te ferais pendre; Eh bien! prends le bossu, c'est lui que tu tueras; Tu conserves l'argent qu'ainsi tu doubleras,
SPARAFUCILE, scandalisé.
Moi, tuer le bossu? mais c'est honteux et lâche