‹ RigolettoChapitre 7 sur 44 · ACTE I, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE V

MARCF.LLO.

Non; d'un ange!

LES COURTISANS

Impossible!

LE DUC

Quel mari fâcheux !

Toujours sur ma trace !

jVlais sa femme efface Toute autre à mes yeux

KIGOLETTO, bas au due.

Enlevez-la!..

LE DUC

Bien dit!., mais la chose?..

Est facile.

LE DUC

Songes-tu pas au comte ?

Non pas.

Ou bien l'exil.

Eh bien!., et la prison !

LE DUC

Tais-toi , méchant bouffon !

Ou, mieux encor, la tète !

CEPRANO, qui a entendu ces derniers mots, à part.

Oh ! l'âme noire et vile!

LE DUCj frappant sur l'épaule de Ceprano.

Comte, qu'en dites-vous?

RIGOLETTO, poursuivant son idée.

Oh! la belle affaire!

Tèle si légère,

Qu'en pourrait-on faire?..

(il fait le ge'ste de couper la tête.) CEPRANO, portant la main à son épée.

Infâme!

LE DUC, l'arrêtant.

Point d'éclat.

RIGOLETTO, riant.

Ah! quel plaisant courroux!

MARCELLO iil LES COURTISANS.

Mais c'est un outrage.

Je crains un orage.

LE DUC

Bouffon, laisse-ubus.

]1 faut te défier de tes discours frivoles.

Moi? jamais je n'ai dit de plus sages paroles.

• LE DUC

Suis mes avis ou Ton le punira.

Rir.OLETTO.

Au bouffon du duc nul ne touchera.

(U passe sa tête sous le bias droit du du:.) CEPRANO, uui C'-urtisans.

Vengeance! justice!

Ce démon du vice Ici nous brava.

Vengeance! qu'il meure!

nK'rchons le lieu, rhcurc Ou fou frappera Ce soir.

LES COURTISANS

C'est convenu. Oui, son destin l'enlraînc;

Sa perte est certaine, Et dans notre haine.

Dieu nous soutiendra.

(La foule des danseurs envahit la salle.) LE DUC ET RIGOLETTO.

Qu'un aie suive I

cnœuR.

Au plaisir que chacun s'abandonne, Aux doux charmes qu'il nous donne, Il faut ici ''•ue personne Ne dérobe un seul moment.

Plaisir, amour et folie Sont les seuls biens de la vie Et le bonheur qu'on attend.

(Tous s'apprêtent ù sortir par le fond. En ce moment parait le comte > Mouleroue. 11 s'arrête uu instant sur le seuil de la porte du milieu. Tableau.

Page 1