DISCOURS DU TRONE
Qui puisse à votre ardeur communiquer la flamme
Pendant que, discutant plus d'une question,
Vous songerez sans doute au bien de la nation,
Vous rappelant aussi que tous les grands problèmes
Sont de pea d'importance en dehors de nous-mêmes.
Quelqu'un dira peut-être : " Eh bien ! Les milKards
Qui vont s'accumulant au risque des hasards
Et dont les intérêts insoldés sont encore ?
Sur le globe qui tourne et que le soleil dore
Est-il pays grevé comme est le Canada ?"
Mais bah ! n'en croyons rien ; chacun a son dada;
Avec les créanciers s'arranger est commode :
Je n'ai rien, ne dois rien : tout est dit. . . Parlons mode
Et, de tous les produits des peuples alléchés,
Qui s'offrent maintenant à fournir nos marchés,
Favorisons d'abord ceux qui de notre sexe
Rehaussent l'élégance ; et si ce tarif vexe
Le public, qu'il nous faut après tout façonner.
Parlons peu, boudons ferme et sachons lui donner.
Par décrets répressifs, autre cause irritante :
Proscrivons du tabac la fumée odorante ;
Abolissons surtout l'usage des liqueurs
Qui pour tendres palais ont trop fortes saveurs ;
Mais, de grâce, en transit, recevons sans façon,
Dentelles de Venise et le point d'Alençon.
Vous m'attendez, je crois, au bill des voies-ferrées,
Vous demandant surtout, plus ou moins effarées,
Comment vous pourrez bien soulager, en votant,
Notre Dominion du poid d'un éléphant . . .
En ce moment, j'y pense,. . . et tout le ministère
N'eut garde d'oublier, si l'aimable première.
Chez elle demeurant, pour valable raison,
N'avait du cabinet manqué la session.
Il est un autre point qui, par vote unanime,
Saura bien rallier la chambre féminine :
C'est la peine infamante, applicable en entier
A tout célibataire endurci, coutumier.
Qui, délaissant le sexe, hostile au mariage,
S'obstine à rester seul comme un vivant outrage
A nos charmes vainqueurs. La législation.
Mesurant au délit juste punition.
Sera l'œuvre, à la fois vengeresse et sublime,
De l'honorable Ashton dont l'esprit magnanime
A méprisé l'hymen, en dépit des amants.
Pendant un lustre entier surmonté de trente ans.
Oh ! mais, en un discours que le roi vous adresse.
C'est assez pérorer, je crois, et je vous laisse.
Encore un mot pourtant : il s'agit de rescrits
Pour députation vivant avec maris.
Afin de conserver aux débats leur rubrique
Qui veut qu'après l'attaque arrive la réplique
Il faut que les mamans tenant un nourrisson
Aient le droit de geu. . . non, . . . crier à l'unisson ;
Mais, que jamais pourtant, dans la salle des douches.