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LA LIGUE DES NATIONS

Et Foch, oui le grand Foch, vient d'être enfin mandé...

Sous ses ordres précis, n'offrant d'échappatoire,

Vont bientôt se ranger le triomphe et la gloire ;

Sous ses coups imprévus, savamment redoublés,

Le colosse allemand voit ses soldats troublés,

Et, dans deux cents endroits, attaqué sans relâche.

N'a plus qu'à reculer, succombant à la tâche.

Ce géant des combats, jusque là glorieux,

Dont les moindres efforts, toujours victorieux,

Dépassaient en ampleur, disons même, en génie.

Des pays beUiqueux la valeur réunie,

Qui se voyait déjà de sa proie assuré

Sans ce français maudit, mais pour nous vénéré.

Vient enfin de trouver pour ses soldats la route

Qui conduit à la mort, qui mène à la déroute.

" Halte-là ! " soudain crie une voix d'outre-mer,

" Bas les mains ! et j'irai ", dit la voix d'un ton fier,

" Régler les différents qui divisent le monde,

"En quatroze versets partageant ma faconde."

A ce cri de Wilson, dont la démocratie

A déjà contre nous soulevé la Russie,

Le bruit du canon cesse, et l'empire allemand,

Le cou sur le billot, se dérobe à l'instant.

Pour la France en grand deuil, la Belgique en ruine,

Pour toute atrocité commise comme en Chine,

Attendez, ô mortels ! la réparation :

Voici venir sur mer l'illustre et grand Wilson !

Son navire, embelli par maints feus d'artifice,

Porte en ses flancs blindés l'homme de l'armistice ;

Et le monstre marin, et le simple poisson,

Délivrés des U cinq, lui font ovation ;

Puis, enfin, quand son pied se pose sur l'Europe,

De boaheur le vieux monde éprouve une syncope ;

Et même on prétendit, fait étrange et curieux,

Que le grand président était venu des cieux !

C'est maintenant qu'on tient le palabre à Versailles

Qui succède au concert plus bruyant des batailles ;

Au monde qui retient sa respiration.

Aux combattants là-bas faisant la faction,

A l'univers entier, mettant sa confiance

Dans l'homme qui s'impose et dans sa compétence.

Un mot d'ordre est jette, ho ! mais, à pleins poumons

" La ligue des Nations ! La ligue des Nations !

A tous les maux croissants, c'est le remède unique.

Et même avant la paix, il faut qu'on se l'applique " ;

Et pendant deux longs mois, pérorant sur ce ton.

On entendit partout la voix du grand Wilson.

A la fin, se laissant détourner de sa ligue.

Il nous parut, mais non, sans alléguer fatigue.

Vouloir pacifier le monde encore en guerre ;

Alors, tranchant, cassant, étranger à la terre.

Il fut le plus souvent hostile à ses amis.

N'eut de concessions que pour les ennemis ;

Plus terrible à coup sûr qu'en son jeu dilatoire,

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