LA CLOCHE DU PASSÉ
A Marie, ma fille bien-aimée.
Lorsque le bisaïeul, sentant son départ proche, Afin de détourner sa pensée aux abois De l'importun souci, met en branle la cloche Qui sonne dans son cœur les heures d'autrefois,
C'est près du feu, l'hiver, qu'il se plaît à l'entendre, Assis sur un vieux siège bas du temps passé, Où, jadis, devant l'âtre, il tenait caressé, En réchauffant ses pieds, un nouveau-né bien tendre,
Qui d'un grand deuil était le regret souriant. Le feu qui pétillait, ainsi que sa lumière, Excitaient les éclats du rire de l'enfant Dont sans cesse un écho sonne l'heure première....
L'enfant que je tenais ainsi sur mes genoux, C'était toi, chère fille, aujourd'hui devenue Belle et vaillante mère, et dont chaque venue, Au Fréhaut, pour ton père, est un bienfait si doux.
25 février içlo.