MARGUERITES ET PAQUERETTES
Écrit après le départ de la douzaine de jeunes filles que Marie avait amenées au Fréhaut comme douze rayons
de soleil.
A Madame Pauline Parmentier.
Anémones des bois, marguerites des prés, Fleurs d'indigo, polygalas et véroniques, Bouquets dont tous les champs sont déjà diaprés, Hâtez-vous de fleurir et d'ouvrir vos tuniques : La fenaison s'approche et j'entends le faucheur, Indifférent à l'éclat de votre fraîcheur, Qui vient décapiter les fleurs de vos domaines. Hâtez-vous d'en cueillir, pâquerettes humaines ! Pareilles à vos sœurs que l'on voit refleurir Après les foins coupés et sans cesse renaître, Que l'on vous voie, ici, bien souvent reparaître, Jusqu'à ce qu'un faucheur vienne aussi vous cueillir.
3i mai 1899.