‹ Rimes de Pétrarque (volume 2)Chapitre 11 sur 159 · SONNET VIII · texte numérisé non relu

SONNET VIII

Il se demande, puisque Laure est un soleil, pourquoi il n'en ressent pas toute la force. On suppose que le poëte envoyait quelques fruits avec ce sonnet.

Lorsque l'astre du jour, qui les heures mesure , Va rejoindre au printemps le signe du Taureau ; De sa corne enflammée un pouvoir tout nouveau Descend, qui donne au monde une neuve parure.

Non-seulement l'éclat au dehors il procure Quand se parent de fleurs la rive et le coteau ; Mais dedans, où ne luit du soleil le flambeau. Il communique au sol sa féconde nature ;

Et ce fruit ou tout autre on cueille en leur saison. Si de ses yeux sur moi celle qui chez les femmes Brille comme un soleil vient à darder les flammes.

Actes, pensers, discours de vive passion,

Je sens naître dans moi; mais, de quelque manière

Qu'elle les tourne ou roule, aucun fruit je n'espère.

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