‹ Rimes de Pétrarque (volume 2)Chapitre 12 sur 159 · BALLATA I · texte numérisé non relu

BALLATA I

Accortasi Laura delF amore di loi, gli si fece tosto più severa che prima.

Lassare il vélo o pcr Sole o per ombra.

Donna, non vl vid' io,

Poi che 'n me conosceste il gran desio

Ch' ogni altra voglia d' enlr' al cor mi sgombra.

Mentr' io portava i be' pensier celati

C hanno la mente desiando morta,

Vidivi di pietate ornare il volto ;

Ma poi ch' Amor di me vi fece accorla,

Fur i biondi capelli allor velati,

E r amoroso sguardo in se raccolto.

Quel ch' i' più desiava in voi, m' è tolto :

Si mi governa il vélo,

Che per mia morte ed al caldo ed al gelo,

De' be' vostr' occhi il dolcc lume adombra.

BALLADE l.

Laure, s'étant aperçue de son amour, se montre dans la suite plus sévère qu'avant.

Soit pour ombre ou soleil, je ne vous ai point vue

Votre voile délaisser, Du jour que fut par vous ma passion connue , Qui dégoûte mon cœur de tout autre penser.

Tant que j'ai pu tenir bien secrète ma flamme , Dont l'ardeur consumait par le désir mon âme. Votre front me parut de pitié nuancé ; Mais, sitôt que l'amour à vous m'eut dénoncé, Vous voilâtes alors vos blonds cheveux, et vite Vos regards amoureux fuirent dans leur orbite; Ce qu'en vous j'aimais tant je me vois enlevé :

Si grande fait ma tristesse Le voile qui l'hiver et l'été ne décesse De cacher vos beaux yeux, dont je suis tant privé

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