‹ Rimes de Pétrarque (volume 2)Chapitre 111 sur 159 · SONNET LXIII · texte numérisé non relu

SONNET LXIII

Il décrit l'état de deux amants , et, par la pensée, il fait un retour sur lui-même.

Quand par les yeux parvient du cœur jusques au fond L'image aimée , alors toute autre en est sortie , Et la vertu par l'âme à nos corps départie, Tous nos membres délaisse en un sommeil profond.

D'un tel miracle alors naît parfois un second ; Il résulte de là que la chose ^ bannie D'elle-même , en fuyant , vient sur telle partie Qui la venge , et de joie est son exil fécond.

Et dès lors sur deux fronts une pâleur mortelle Se dépeint; de partout la vigueur naturelle S'est enfuie, et surtout de son propre séjour.

Ce bien triste tableau me rappelle en ce jour D'avoir de deux amants vu changer la figure , Reproduisant à l'œil ma fidèle peinture.

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