‹ Rimes de Pétrarque (volume 2)Chapitre 113 sur 159 · SONNET LXIV · texte numérisé non relu

SONNET LXIV

Il se plaint que Laure ne cherche point à pénétrer avec ses yeux au fond de son cœur.

Si j'avais le pouvoir d'exposer dans mes vers

Mes pensers, que mon cœur seul est apte à comprendre,

Sensible à la pitié, je saurais alors rendre

L'ôtre le plus cruel qui vit dans l'univers.

Mais vous, bienheureux yeux, par qui j'ai tant souffert, Ce grand coup dont n'a pu nulle arme me défendre , Quoiqu'en plaintes mon deuil vous ne voyiez s'épandrc, Vous me voyez dedans et dehors découvert.

Puisqu'au sein de mon cœur vous pouvez si bien lire Qu'un solaire rayon traverse le cristal , Que mon désir suffise et que je n'aie à dire.

La foi qui pour moi seul est un sujet fatal , Pour Pierre et pour Marie elle ne fut nuisible , Je sais que pour vous seuls je suis compréhensible.

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