SONNET LXIX
Il connaît la yanité de ce monde, il l'a combattne inutilement jusqu'ici, néanmoins il compte pouvoir la vaincre.
Qu'un môme sort , hélas ! nous devons tous subir , Qu'à nul être , je sais , le trépas ne pardonne ; Que le monde, je sais, vite nous abandonne. Qu'il conserve de nous un bien court souvenir.
Je vois peu de profit à trop longtemps souffrir; El déjà, dans mon cœur , ma dernière heure tonne; L'amour pourtant n'est prêt à quitter ma personne , Mais toujours de mes yeux des pleurs à requérir.
Les minutes , je sais , les heures , les journées , Forment bientôt des ans, l'erreur ne me séduit ; Mais, par un puissant frein, je sens mon cœur conduit.
Raison et passion , pendant quatorze années , Ont combattu dans moi : le bon sera vainqueur , Si l'âme , ici-bas , peut présager le bonheur.