SONNET LXXIII
Si l'Amour le trouble, il se tranquillise en pensant aux yeux et aux paroles de Laure.
Chaque assaut que je sens ( des milliers j'en soutiens, Et la nuit et le jour , de l'objet que j'adore ;) Par eux est immortel le feu qui me dévore ; Où je vis les beaux yeux pétillants, je reviens.
Là je me trouve en paix ; tel alors je deviens Qu'à toute heure du jour, au coucher, à l'aurore, Calme dans mon penser , je la retrouve encore , Et de tout autre objet ne veux ni me souviens.
Le charme si divin qui de ses yeux rayonne , Des paroles le son qui sagement résonne. Portent partout la joie et la sérénité.
Et dans cette atmosphère, où d'être je soupire, Par un céleste esprit je me crois conforté ; Aussi mon cœur souffrant en ce lieu seul respire.