‹ Rimes de Pétrarque (volume 2)Chapitre 144 sur 159 · SONNET LXXX · texte numérisé non relu

SONNET LXXX

Il ne désire, il n'admire et il ne trouve partout que l'image de Laure.

Plein de cette douceur sans borne naturelle Qu'en moi versaient mes yeux de son visage épris, Ce jour que de mourir le parti j'aurais pris, Pour n'admirer jamais une beauté moins belle,

Je quittai mon trésor; à ne contempler qu'elle Jai si bien à mon âme et constamment appris , Toute autre elle ne voit ; le dédain , le mépris Elle affiche par goût pour toute autre mortelle.

Dans un riant vallon , bien clos tout alentour. Où sont bientôt calmés mes soupirs et mes peines , J'arrive seul, pensif, et suivi de l'Amour.

Des dames je n'y vois, mais rochers et fontaines.

Et de ce jour l'image apparaît en tous lieux,

Car mon esprit la peint partout où vont mes yeux.

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