SONNET LXXXI
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S'il pouvait voir la maison de Laure , ses soupirs y parviendraient bien rapidement.
Si le roc colossal qui tient le vallon clos ( C'est de là que le nom de Vaucluse ^ dérive ) Parvenait à tourner par horreur instinctive Sa face devers Rome et vers Babel 2 son dos,
Alors pour mes soupirs serait bien mieux dispos Le chemin qui conduit où mon espoir s'avive ; Tandis qu'ils sont épars, pourtant chacun arrive Au but que je prescris, et chacun à propos.
Les accueils qu'on leur fait sont toujours si propices , De ce plaisant séjour telles sont les délices, Oui, je m'en aperçois, car pas un n'en revient.
De mes yeux c'est le deuil ; quand ils rompent sa digue, En voyant que privés des beaux lieux on les tient, Ils sont lassés de pleurs, et mes pieds de fatigue.
SONETTO LXXXIL
Benehè çonosca d' essere infelice nel suo araore, è fermo di volerlu amar sempre.
Rimansi addietro il sestodecim' anno De' miei sospiri ; ed io trapasso innanzi Verso r estremo; e parmi che pur dianzi Fosse il principio di cotanto affanno.
L' amar m' è dolce, ed util il mio danno, E '1 viver grave ; e prego ch' egli avanzi L' empia fortuna; e temo non chiuda anzi Morte i begli occhi che parlar mi fanno.
Or qui son, lasso, e voglio esser altrove, E vorrei più volere, e più non voglio, E per più non poter fo quant' io posso.
E d' antichi désir lagrime nove
Provan com' io son pur quel ch' i' mi soglio,
Ne per mille rivolte ancor son mosso.