‹ Rimes de Pétrarque (volume 2)Chapitre 147 sur 159 · SONNET LXXXII · texte numérisé non relu

SONNET LXXXII

Quoiqu'il sache qu'il est malheureux dans son amour, il persiste néanmoins à toujours l'aimer.

Déjà dans les soupirs , les peines , les douleurs , J'ai dû passer seize ans, mais je sens l'imminence De ma prochaine fin, et pourtant, quand j'y pense. Us me semblent dater d'hier, mes longs malheurs.

Il m'est si doux d'aimer! Utiles sont mes pleurs; , De vivre je suis las. Ah ! puisse ma souffrance Finir avant mes jours; mais je crains que d'avance La mort de ses beaux yeux n'éteigne les lueurs.

Ici je suis, hélas î ailleurs je voudrais être;

Je voudrais vouloir plus, et je n'en suis le maître ;

Et, pour ne vouloir plus, je fais ce que je peux.

Et mes pleurs d'aujourd'hui, pour des désirs bien vieux, Prouvent qu'en moi le temps ne change rien, ni l'âge, Et qu'au sein des revers, rien ne me décourage.

MADRIGALE IV.

Eccita Amore a far vendefa di Laura, che superba disprezza il suo regno.

Or vedi, Amor, che giovinetta donna Tuo regno sprezza e del mio mal non cura, E Ira duo ta' nemici è si secura.

Tu se' armato, ed ella in trecce e 'n gonna Si siede e scalza in mezzo i tîori e 1' erba, Ver me spietata e contra te superba.

r son prigion ; ma se pietà ancor serba L' arco tuo saldo, e qualcuna saetta, Fa di te e di me, signor, vendetta.

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