MADRIGAL IV
Il excite l'Amour à se venger de Laure, si orgueilleuse, et qui méprise son règne.
Vois donc, Amour, comment cette jeune mortelle. Narguant tes douces lois, est pour moi si cruelle ; Entre deux ennemis, vois son calme maintien. Et tandis que je sais bien prête ton armure, Ses blonds cheveux épars , nus pieds et sans parure. Parmi l'herbe et les fleurs assise elle se tient; Sans nul égard pour moi qui vis en son servage , Elle affiche pour toi le ton le plus sauvage. Prends donc avec ton arc une flèche , Seigneur , Et qu'en vengeant le tien, soit vengé mon honneur !