‹ Rimes de Pétrarque (volume 2)Chapitre 149 sur 159 · SONETTO LXXXIII · texte numérisé non relu

SONETTO LXXXIII

L' abito non si lascia , benchè abbiasene danno. Propone se stesso in esempio.

Dicessett' anni ha già rivolto il cielo Poi che 'n prima arsi e giammai non mi spensi : Ma quando avven cli' al mio stato ri; ensi, Sento nel mezzo délie flamme un gelo.

Vero è '1 proverbio, ch' altri cangia il pelo Anzi che '1 vezzo; e per lentar i sensi, Gli umani affelti non son meno intensi : Giô ne fa 1' ombra ria del grave vélo.

Oimè lasso; e quando fia quel giorno Che mirando '1 fuggir degli anni miei, Esca del foco e di si lunghe pcne ?

Vedrô mai '1 di che pur quant' io vorrei Queir aria dolce del bel viso adorno Piaccia a quest' occhi, e quanlo si convene ?

SONNET LXXXIIL

On D'abandonné pas facilement ses habitudes , quoiqu'elles nous soient préjudiciables. Il en donne son exemple pour preuve.

Du jour qu'en moi le feu de l'amour prit naissance, Sans qu'il se soit éteint, dix-sept ans sont passés ; Et, quoiqu'en un brasier, mes membres sont glacés , Lorsqu'à mon propre étal il advient que je pense.

Bien vrai dit le proverbe : Avant l'accoutumance Le poil change plutôt ; les sens, quoique lassés, Ne font point les élans de nos cœurs moins pressés , C'est plutôt de nos corps la triste conséquence.

Que je suis malheureux ! quand viendra donc le jour

Que, voyant arriver la fin de mes années.

Je verrai mes douleurs , mes peines terminées ?

Puis-je jamais compter qu'au céleste séjour , A mon gré je verrai, mais dans un saint usage. Les charmes, les beautés du bien-aimé visage ?

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