‹ Rimes de Pétrarque (volume 2)Chapitre 151 sur 159 · SONNET LXXXIV · texte numérisé non relu

SONNET LXXXIV

Laure pâlit à la nouvelle qu'il va s'éloigner d'elle.

La charmante pâleur qui son bien doux sourire Recouvrit d'un nuage engendré par l'amour, Sur mon cœur attendri pesa d'un poids si lourd, Qu'aussitôt sur mon front l'effet vint se traduire.

Je pressentis alors ce qu'au céleste empire On sent en se voyant, tant je vis au grand jour Son penser si touchant, et nul autre alentour Ne l'aperçut que moi , car seule je l'admire.

Quelque angélique aspect, modeste et bien nouveau , Qu'en une femme aimante ait placé la nature, Près celle, rien ne sont, dont je fais la peinture.

Vers terre elle baissait son regard doux et beau ; Et dire elle semblait, sans rompre le silence : Qui d'un fidèle ami me ravit la présence ?

Page 1