‹ Rimes de Pétrarque (volume 2)Chapitre 38 sur 159 · SONETTO XXIV · texte numérisé non relu

SONETTO XXIV

Si lagiia del vélo e délia mano di Laura, che gli tolgon la visla de suoi begli occhi.

Orso, c' non furon mai tîumi, ne stagni , Xè mare, ov' ogni rivo si disgombra ; Ne di muro o di poggio o di ramo ombra; Ne nebbia, che U ciel copra, e 'l mondo bagni ;

Ne altro impedimento, ond' io mi lagni, Qualunque più 1' umana vista ingombra, Quanlo d' un vel che due begli occhi adombra, E par che dica : Or ti consuma e piagni.

E quel lor inchinar, ch' ogni mia gioia Spegne, o per umiltate o per orgoglio, Cagion sarà che 'nanzi tempo i' moia.

E d' una bianca mano anco mi doglio, Ch' è stata sempre accorta a farmi noia, E contra gli occhi mici s' è fatla scoglio.

SONNliT XXIV

Il se plaint de la main el du voile de Laure, qui lui cachent ses beaux yeux. Sonnet adressé au comte Orso d'Anguillera, sénateur romain, qui assista en cette qualité au couronnement de Pétrarque.

Ni de lac-, ni de mer au plus distant rivage, Orso, je ne connais ni champs si spacieux, Ni de si sombre nue obscurcissant les cieux, Ni murailles, ni monts, nul bois et nul ombrage,

Ni d'autre empêchement qui nous puisse l'usage De la vue encombrer, pour mm plus ennuyeux, Comme un voile inhumain qui cache deux beaux yeux ., Et qui semble me dire : A pleurer je t'engage.

Vient elle à les baisser, que ce soit par orgueil

Ou par humilité, je sens ma joie éteinte,

Et que plus tôt mes jours ne cessent j'ai la crainte.

Sa belle et blanche main aggrave aussi mon deuil, Sans cesse à m'attrister je la vois disposée Lorsque entre elle et mes yeux elle la tient posée.

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