‹ Rimes de Pétrarque (volume 2)Chapitre 4 sur 159 · SONETTO III · texte numérisé non relu

SONETTO III

Giudica Amor vile, che lo feri in un'giorno da non doverne sospettare.

Era 'I giorno ch' al Sol si scoloraro Per la pietà del suo Fattore i rai , Quand' i' fui preso , e non me ne guardai , Che i be' vostr' occhi , Donna, mi legaro.

Tempo non mi parea da far riparo Contra colpi d'Amor : perô n' and ai Secur, senza sospetto : onde i miei guai Nel comune dolor s' incominciaro.

Trovommi Amor del tutto disarmato , Ed aperta la via per gli occhi al core , Che di lagrime son fatti uscio e varco.

Perô , al mio parer, non gli fu onore

Ferir me di saella in quello stalo ,

E a voi armata non mostrar pur 1' arco.

SONNET

Il blâme fortement l'Amour de l'avoir frappé un jour qu'il n'avait point cru devoir se méfier de lui, c'est-à-dire le Vendredi- Saint.

C'est le jour qu'en voyant mourir son Créateur, Le soleil s'obscurcit, que par inadvertance, Madonne, je perdis ma propre indépendance, Vaincu par vos beaux yeux, par leur charme enchanteur.

Je ne crus point que j'eusse à prémunir mon cœur Contre l'Amour, aussi j'allai sans méfiance Et d'un pas assuré : c'est de là que commence Ma peine dans ce jour de commune douleur.

L'Amour me trouva donc au repos et sans armes, Et l'accès de mon cœur bien ouvert par mes yeux, Qui depuis sont toujours inondés par les larmes.

Son triomphe pourtant je dis peu glorieux, Quand j'étais désarmé d'avoir fait ma blessure, N'osaiU vous attaquer, vous armée et si siire.

42 30NNETS ET CANZONES

SONETTO m.

Giadica Amor vile, che lo feri in un'giorno da non doverne sospettare.

Era '1 giorno ch' al Sol si scoloraro Per la pietà del suo Fattore i rai , Quand' i' fui preso , e non me ne guardai , Che i be' vostr' occhi , Donna , mi legaro.

Tempo non mi parea da far riparo Contra colpi d'Amor : perô n' and ai Secur, senza sospetto : onde i miei guai Nel comune dolor s' incominciaro.

Trovommi Amor del tutto disarmato , Ed aperta la via per gli occhi al core , Che di lagrime son fatti uscio e varco.

Perô , al mio parer, non gli fu onore

Ferir me di saella in quello stato ,

E a voi armata non mostrar pur V arco.

SONNET

Il blâme fortement l'Amour de l'avoir frappé un jour qu'il n'avait point cru devoir se méfier de lui, c'est-à-dire le Vendredi-Saint.

C'est le jour qu'en voyant mourir son Créateur, Le soleil s'obscurcit, que par inadvertance, Madonne, je perdis ma propre indépendance, Vaincu par vos beaux yeux, par leur charme enchanteur.

Je ne crus point que j'eusse à prémunir mon cœur Contre l'Amour, aussi j'allai sans méfiance Et d'un pas assuré : c'est de là que commence Ma peine dans ce jour de commune douleur.

L'Amour me trouva donc au repos et sans armes, Et l'accès de mon cœur bien ouvert par mes yeux, Qui depuis sont toujours inondés par les larmes.

Son triomphe pourtant je dis peu glorieux. Quand j'étais désarmé d'avoir fait ma blessure, N'osanl vous attaquer, vous armée et si sûre.

ii SONNETS ET CANZONES

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