‹ Rimes de Pétrarque (volume 2)Chapitre 59 sur 159 · BALLATA III · texte numérisé non relu

BALLATA III

Credevasi libero d' amore, e conosce d' essersene rinvescato sempre più.

Quel foco ch' io pensai che fosse spento Dal freddo tempo e d'ail età men fresca , Fiamma e martir nell' anima rinfresca.

Non fur mai tutte spente , a quel ch' i' veggio

Ma ricoperte alquanto le faville : •

E temo no '1 secondo error sia peggio.

Per lagrime, ch' io spargo a mille a mille,

Conven che '1 duol per gli occhi si distille

Dal cor, c' ha seco le faville e l'esca,

Non pur quai fu , ma pare a me che cresca.

Quai foco non avrian già spento e morto L' onde che gli occhi tristi versan sempre? Amor ( avvcgna mi sia tardi accorto ) Vuol che tra duo contrari mi distempre ; E tende lacci in si diverse tempre, Che quand' ho più speranza che 'l cor n' esca Aller più nel bel viso mi rinvesca.

BALLADE IIL

Il se croyait débarrassé de l'amour, puis il reconnaît qu'il en est de plus en plus épris.

Ce feu que j'aurais cru complètement éteint Par la maturité de l'âge dans mon sein Renouvelle ma flamme et mes douleurs cruelles.

Bien éteintes ne sont toutes les étincelles, Sous cendre elles étaient d'après ce que je vois ; Et plus je crains l'amour cette seconde fois. Il faut que par les pleurs que je répands par mille, La douleur par mes yeux goutte à goutte distille De mon cœur, où l'amorce et gît et s'entretient; Mais bien plus qu'autrefois plus forte elle devient.

Quels feux ne seraient point éteints déjà par l'onde Qui constamment mes yeux, mes paupières inonde ? L'amour (mais un peu tard j'ai su le découvrir) Entre deux opposés voudrait me voir mourir ; De pièges si divers ma route tant abonde, Qu'au moment où je crois en arracher mon cœur, Plus son visage alors de moi-même est vainqueur.

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