‹ Rimes de Pétrarque (volume 2)Chapitre 61 sur 159 · SONNET XXXVI · texte numérisé non relu

SONNET XXXVI

Trahi et désenchanté des promesses de l'amour, son existence devient encore plus triste qu'auparavant. Ce sonnet fut probablement composé à l'occasion d'un rendez-vous que Laure avait promis et qui ne se réalisa pas.

Si l'aveugle désir, cause de mon martyre, Les heures en comptant ne me fait point faillir, Au moment que je dis, loin de moi doit s'enfuir L'instant de la pitié qui devait pour moi luire.

Quelle ombre si cruelle arrive donc pour nuire Au germe dont le fruit était près de surgir ? Et quelle bête vient dans mon bercail rugir ? Ma main entre et l'épi quel mur vient se produire'

Hélas ! je ne le sais ; mais si j'en suis certain Que pour rendre plus triste encore mon destin. L'amour m'avait bercé de si douce espérance,

Maintenant, d'avoir lu jadis j'ai souvenance Qu'on ne saurait nommer bien fortuné le sort De l'homme avant le jour qu'il voit venir la mort.

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