SONETTO VI
Viva immagine del suo amore ardente , e délia onestà costante di Laura.
Si traviato è U folle mio desio A seguitar costei che 'n fuga è volta, E de' lacci d' Amor leggiera e sciolta Vola dinanzi al lento correr mio ;
Che, quanto richiamando più l' invio Per la secura strada, men m' ascolta ; Ne mi vale spronarlo o dargli volta, Ch' Amor per sua natura il fa restio.
E poi che '1 fren per forza a se raccoglie,
r mi rimango in signoria di lui,
Che mal mio grado a morte mi trasporta,
Sol per venir al Lauro onde si coglie Acerbo frutto, che le piaghe altrui, Gustando, affligge più, che non conforta.
SONNET VI
Vive image de son ardent amour et de l'honnêteté constante de Làur«.
Tel est de mon désir le fol aveuglement De vouloir la poursuivre alors qu'elle est en fuite, Laure, qui ne craignant ni l'Amour ni sa suite, S'envole, quand je meus mes pas si lentement ;
Que plus à revenir je la prie instamment Dans de plus sûrs sentiers, plus ma voix il évite ; Son recul ou son vol en vain je sollicite, Puisque l'Amour le rend rétif obstinément.
Et comme par la force il est du frein le maître, Je dois à son pouvoir souverain me soumettre. Et malgré moi courir au devant de la mort,
En recherchant toujours du laurier i la présence, Dont l'amer fruit ne donne aucune jouissance. Mais de qui l'a goûté fait empirer le sort.