‹ Rimes de Pétrarque (volume 2)Chapitre 75 sur 159 · SONNET XLIII · texte numérisé non relu

SONNET XLIII

Tombé dans un ruisseau , il dit que Laure seule peut dessécher ses yeux.

Près de la mer de Tyr , où , poussé par le vent , Le flot tout écumeux va se briser et gronde , Soudain j'aperçus celle, en vertus si féconde, Que je veux tant louer, sans cesse en écrivant.

Quand l'amour, qui bouillait dans mon cœur, en avant Me poussa , je crus voir sa chevelure blonde; Et moi , si bien trompé par l'herbage, dans l'onde D'un ruisseau je tombai , plutôt mort que vivant.

Là, seul dans un bosquet, au pied d'une colline. Je rougis tant de moi ! pour une âme bien digne Ce seul témoin i suffît , et sans autre excitant.

D'avoir changé de style 2 au moins je suis content : Des yeux allant aux pieds ; si de mes yeux en larmes Un avril 3 plus courtois dissipait les alarmes !

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