‹ Rimes de PétrarqueChapitre 105 sur 168 · SONNET LVII · texte numérisé non relu

SONNET LVII

Aveugle, il ne eonnut poiot que ses regards en ce jour devaient être les derniers.

0 jour ! ô le dernier instant de jouissance ! Astres tous conjurés contre moi sans égard ! Que voulais-tu me dire, ô bien-aimé regard , Quand je partis, quittant pour toujours ta présence

Aujourd'hui clairement je vois mon indigence ; Car je croyais, hélas ! (espoir trop plein de fard) Perdre un peu, non le tout, le jour de mon départ. Si prompte que le vent s'enfuit notre espérance !

Car il était déjà décrété dans les cieux D'éteindre ce soleil dont je vivais joyeux , Et bien écrit aussi dans sa feinte allégresse.

Mais un voile à mes yeux la vérité cachait, Qui ce que je voyais de saisir m'empêchait. Pour- rendre plus soudaine et vive ma tristesse.

Jll 9.

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