‹ Rimes de PétrarqueChapitre 107 sur 168 · SONNET LVIII · texte numérisé non relu

SONNET LVIII

Il devait prévoir son malheur aux éclairs insolites de ses yeux.

Cet honnête, ce doux, cet aimable regard Semblait dire : De moi prends à ta convenance , Car tu vas pour toujours perdre ici ma présence, Du jour que partira ton pied qui se meut tard.

Toi, mon esprit, plus prompt que le vif léopard. Mais qui si tardif es à prévoir la souffrance, Que n'as-tu dans ses yeux bien su lire d'avance Ce qui tant me désole et que tu vois sans fard ?

Silencieux , mais pleins d'un éclat insolite ,

Ils disaient : Yeux amis, qui prîtes si longtemps ,

A vous jnirer dans nous, des plaisirs si constants,

On nous attend au ciel: pour vous c'est bien trop vite; Qui nous y mit nous sort de ces mortels séjours ; El, malgré vous , il veut que plus durent vos jours.

GANZONE V,

Visse lieto, e non visse che per lei. E'doveva dunque saper morire a sao tempo.

Solea dalla fonlana di mia vita Allontanarme, e cercar tt^rre e mari, Non mio voler, ma mia Stella seguendo; E sempre andai (tal Amor diemmi aita), In quelli esilii, quanto e' vide, amari, Di memoria e di speme il cor pascendo. Or, lasso, alzo la mano, e 1' arme rendo Air empia e violenta mia fortuna, Che privo m' ha di si dolce speranza.

Sol memoria m' avanza; E pasco '1 gran désir sol di quest' una : Onde r aima vien men, fraie e digiuna.

Corne a corrier ira via, se '1 cibo manca, Conven per forza rallentar il corso, Scemando la virtù che '1 fea gir presto ; Cosî, mancando alla mia vita stanca Quel caro nutrimento, in che di morso

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