‹ Rimes de PétrarqueChapitre 114 sur 168 · SONNET LXI · texte numérisé non relu

SONNET LXI

' 11 la voit en image telle qu'un esprit céleste; il voulait la suivre, mais elle disparaît.

De femmes sur un mille, une jadis si belle. Qui d'amoureuse peur mon cœur tremblant rendit, Parfaitement semblable au plus céleste esprit, En image je vis, non fausse, mais réelle.

En elle rien n'était à l'allure mortelle, Comme celle à qui rien, hors le ciel, ne sourit. Mon âme, qui toujours pour elle tant souffrit , Désirant la rejoindre, ouvrit vite son aile.

Mais trop haute elle était pour mon être pesant , Et bientôt je la vis prompte disparaissant: D'y penser seulement mon sang frémit et glace.

Grand était votre éclat, beaux yeux si pleins de grâce Par où celle qui fait l'effroi du genre humain Pour entrer dans son corps si beau prit le chemin I

SONETTO LXIL

Gli sla si fisa nel cuore e negli occhi , ch' e' giunge lalvolta a crederla viva.

Tornami a mente, anzi v' è dentro, quella Ch' indi per Lete esser non puô sbandita, Quai io la vidi in su V età fiorita, Tutta accesa de' raggi di sua Stella.

Si nel mio primo occorso onesta e bella Veggiola in se raccolta e si romita, Ch' i' grido : EU' è ben dessa; ancora c in vita E 'n don le cheggio sua dolce favella.

Talor risponde e talor non fa motto.

r, com' uom ch' erra e poi più dritlo estima,

Dico alla mente mia : Tu se' 'ngannata !

Sai che 'n mille trecento quarantotto.

Il dî sesto d' aprile, in 1' ora prima, Del corpo uscio quell' anima beata.

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