‹ Rimes de PétrarqueChapitre 115 sur 168 · SONNET LXII · texte numérisé non relu

SONNET LXII

Il l'a toujours si présen'3 dans son cœur et dans ses yeux , qu'il arrive parfois à la croire vivante.

Dans mon esprit je vois, même en intimité, Telle que je la vis, jeune encore et fleurie, Des rayons de son astre éclatante, embellie , Celle que ne saurait en bannir le Léthé.

Et, quand si chaste elle est, et telle sa beauté. Tant je la vois modeste, à tel point recueillie. Que je crie : Oui, déesse elle est , et même en vie ! Daigne donc me parler, dis-je surexcité.

Tantôt elle répond, et tantôt elle écoute;

Moi, comme un homme errant qui c^issipeson doute,

A mon âme je dis : Mais l'erreur te séduit I

Tu sais bien que Tan mil trois cent quarante-huit, Le six du mois d'avril, et sur la sixième heure, Cette âme déserta sa terrestre demeure.

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