‹ Rimes de PétrarqueChapitre 116 sur 168 · SONETTO LXIII · texte numérisé non relu

SONETTO LXIII

Natara , oltr' al costume, rinni in lei ogni bellezza, ma fecela tosto sparire.

Questo nostro caduco e fragil bene, Ch' è vento ed ombra ed ha nome bellate , Non fu giammai, se non in quesla etate, Tutto in un corpo ; e ciô fu per mie pcne.

Ghe natura non vol, ne si convene, Per far ricco un, por gli altri in povertate : Or verso in una ogni sua largitate :

Perdonimi quai è bella, o si tene.

Non fu simil bellezza antica o nova ;

Ne sarà, credo ; ma fu si coverla,

Ch' appena se n' accorse il mondo errante.

Tosto disparve : onde '1 cangiar mi giova La poca vista a me dal cielo offerta Sol por piacer aile sue luci santé.

SUR LA MORT DE LALRE. i79

SONNET LXlir.

La nature, bien plus qu'elle n'a coutume, réunit en elle tontes les beautés, mais elle la fit disparaître bien rapidement.

Ce bien dont la durée, hélas! est si volage,

Qui n'est qu'une ombre, un vent, qu'on appelle beauté.

Dans un seul corps ne fut dans son intégrité,

A moins dans notre siècle, et pour mon grand dommage.

Car le sort ne voudrait, il ne serait pas sage. Qu'un seul eût tout, faisant d'autrui la pauvreté; Entière elle eut pourtant sa libéralité : Beauté vraie ou fictive, excusez mon langage.

Et nul âge jamais ne vit de tels attraits;

Jamais on n'en verra; sa réserve fut telle.

Que les gens même errants ne s'aperçurent d'elle.

Vite elle disparut, et je perds sans regrets

Le bien trop court plaisir qui flatta mes paupières.

Et seulement pour plaire à ses saintes lumières.

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