‹ Rimes de PétrarqueChapitre 118 sur 168 · SONNET LXIV · texte numérisé non relu

SONNET LXIV

Désabusé de son amour d'ici -bas, il s'applique à l'aimer dans le ciel.

0 ciel mobile, ô temps qui, fuyant vilement. De l'aveugle mortel faites l'erreur si sûre; 0 jours dont le trajet bien moins que Féclair dure, Vos fraudes par l'essai je sais présentement.

Je sais vous excuser, moi-même en me blâmant; Des ailes pour voler vous donna la nature. Moi des yeux je reçus, mais une voie impure Je leur traçai : de là ma honte et mon tourment.

Et l'heure est bien venue, elle est môme passée, De bien les diriger vers des destins plus beaux, Et de poser un terme enfin à tous mes maux.

Ce n'est pas de ton joug que mon âme est lassée, Amour, mais de mon mal ; et tu sais par quel art Le vouloir sage rend, non l'effet du hasard.

Page 1