‹ Rimes de PétrarqueChapitre 126 sur 168 · SONNET LXVIII · texte numérisé non relu

SONNET LXVIII

Il la prie de le consoler au moins par la douce et chère vue de son ombre.

Mon bien- aimé trésor, toi qui me fus si chère, Qui n'es plus, que le Ciel couve de son regard , Ta pitié viendra donc me secourir bien tard, 0 l'unique soutien de mes jours sur la terre !

De ta vue autrefois tu daignais satisfaire Mon sommeil, maintenant et sans le moindre égard Tu souffres que je brûle ; et qui fait ce retard ? Là-haut pourtant ne sont le dédain, la colère,

Qui parmi les mortels rendent un cœur aimant Parfois content de voir autrui dans le tourment.

Ainsi l'Amour se voit vaincu dans son domaine.

Toi qui vois mes pensers, toi qui connais ma peine. Et qui seule peux mettre un terme à mes douleurs. Calme donc par ton ombre et mon deuil et mes pleurs, ni 11.

190 SOKNETS ET CA.NZONES

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