‹ Rimes de PétrarqueChapitre 152 sur 168 · SONNET LXXXI · texte numérisé non relu

SONNET LXXXI

Son âge mûr et les sages conseils de Laure le font rentrer en lui-même.

Mon fidèle miroir me dit bien fréquemment Et l'esprit déjà las et ma changeante écorcc, Et l'amoindrissement de mon antique force : Tu vieillis, sache donc le voir bien clairement.

On doit à la nature obéir sagement, Car de lui résister vainement on s'efforce. Alors d'un long sommeil je m'arrache à l'amorce, Comme le feu par l'eau s'éteint subitement,

Et je vois que la vie, hélas ! vite s'envole, Qu'une fois seulement on saurait en user ; Puis j'entends dans mon cœur vibrer une parole

De celle qui son nœud terrestre a vu briser ; Mais qui, vivante, fut unique, si je n'erre, Et qui tant fit pâlir toutes beautés sur terre.

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