‹ Rimes de PétrarqueChapitre 158 sur 168 · SONNET LXXXIV · texte numérisé non relu

SONNET LXXXIV

Il reconnail ses fautes; il les regrette, et il prie Dieu de le sauver de la peine éternelle.

Vingt et un ans l'Amour me tint, me consumant, Bien joyeux dans le feu, souffrant plein d'espérance; Mais depuis que Madonne et mon cœur en présence De Dieu sont, j'ai pleuré dix ans et constamment.

Désormais je suis las ; de mon égarement Bien long je me repens, qui du bon la semence A presque éteint en moi; mais de mon existence Je te rends, ô mon Dieu, la fin dévotement ,

Contrit d'avoir si mal dépensé mes années,

Quand pour un but meilleur elles m'étaient données,

Pour vivre en paix et fuir les actes criminels.

Seigneur, par qui mon âme en ce corps fut incluse, Je reconnais ma faute, aussi je ne l'excuse; Fais que j'en sorte sauf des tourments éternels.

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