‹ Rimes de PétrarqueChapitre 43 sur 168 · SONNET XXV · texte numérisé non relu

SONNET XXV

Il reconnaît tardivement combien ses rimes d'amour furent bien agréées ; il voudrait bien les perfectionner davantage , mais il ne peut.

Si j'avais pu penser que le son de mes rimes , Écho de mes soupirs , au monde tant plaisait, J'aurais alors bien pu que mon amour naissait Plus nombreuses les faire, et même plus sublimes.

Lorsque Laure n'est plus qui me donnait mes limes , Et qui tous mes pensers de son nom remplissait, Je ne puis ( elle seule bien parler me faisait ) Mes rimes adoucir par leur rudesse infimes.

Dans ce temps je cherchais à calmer les douleurs Si grandes de mon cœur et ma flamme secrète, Et je n'ambitionnais du renom la conquête.

Je recherchais les pleurs, non l'honneur dans mes pleurs. Ce jour je voudrais plaire; et ma Laure immortelle, A la suivre en silence et fatigué, m'appelle.

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