‹ Rimes de PétrarqueChapitre 53 sur 168 · SONNET XXX · texte numérisé non relu

SONNET XXX

En parcourant sa vie passée, il réfléchit et reconnaît sa propre misère.

Quand je me ressouviens que mes douces pensées, Par la suite des ans ont tellement changé , Qu'éteints sont les doux feux dont froid j'étais rongé, Et mon repos si plein de peines entassées ;

Et mes illusions d'amour bien éclipsées ; En deux lots seulement tout mon bien partagé , Le premier pour le ciel, l'autre au sol adjugé ; Et perdu tout le gain de mes peines passées ;

Le frisson me saisit , si nu je vois mon sort

Que je suis envieux du sort le plus extrême ,

Si grand est mon chagrin , tant j'ai peur de moi-même.

Triste étoile , fortune , ô bien cruelle mort ! 0 pour moi toujours douce et pénible journée I C'est de vous que me vient ma triste destinée.

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