‹ Rimes de PétrarqueChapitre 57 sur 168 · SONNET XXXIII · texte numérisé non relu

SONNET XXXIII

Il revoit Vaucluse, ses yeux la reconnaissent et la trouvent la même, mais il n'en est pas de même pour son cœur.

Vallon, qui de ma plainte est tout retentissant, Et vous charmants oiseaux, et vous bêtes sauvages, Vous poissons qui nagez entre deux verts rivages, Fleuve que de mes pleurs j'ai vu souvent croissant.

Air que mes soupirs font tiède et resplendissant. Doux sentier qui mon cœur désormais ne soulages, Coteau qui tant me plus, à pleurer qui m'engages. Où par instinct je viens, et TAmour me pressant ,

Comme alors vous étiez, tels vous êtes encore ; Hélas! moi j'ai changé : maintenant me dévore Le chagrin, quand j'étais autrefois si joyeux !

De là je la voyais ; et, marchant sur ses traces. Les lieux je vais revoir d'où partit vers les cieux L'âme, laissant au sol sa dépouille et ses grâces.

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