‹ Rimes de PétrarqueChapitre 63 sur 168 · SONNET XXXVI · texte numérisé non relu

SONNET XXXVI

Si elle n'était pas morte si jeune, il aurait chanté plus dig lemenl ses éloges.

Tant que mon cœur rongé par le ver amoureux Je sentis, et l'amour bouillonner dans ma veine , Je recherchai les pas d'une femme inhumaine Sur les monts escarpés , dans les lieux ténébreux.

Et me plaindre j'osai dans mes chants douloureux De l'Amour, d'elle aussi qui telle fît ma peine ; Mais mon talent, mes vers, étaient de courte haleine A l'âge où les pensers sont jeunes et douteux.

Ce feu n'est plus : un marbre exigu nous le cloître ; Que si je l'eusse vu bien plus longtemps s'accroître. Comme il advient souvent jusques à de vieux jours ;

De mes rimea armé, dont dessèche le cours. Ma parole aurait fait , alors dans sa vieillesse , Éclater les rochers et pleurer de tendresse.

SONETTO XXXVIL

La prega che àlmen di lassù gli rivolga tranqaillo 2 pietoso lo sguardo.

Anima bella, da quel nodo sciolla Che più bel mai non seppe ordir Natura , Pon dal ciel mente alla mia vila oscura, Da si lieti pensieri a pianger volta.

La falsa opinion dal cor s' è tolta

Che mi fece alcun tempo acerba c dura

Tua dolce vista : omai tutta secura

Volgi a me gli occhi, e i miei sospiri ascolla.

Mira '1 gran sasso donde Sorga nasce, E vedravi un che sol tra 1' erbe e 1' acque Di tua memoria e di dolor si pasce.

Ove giace '1 tuo albergo e dove nacque Il nostro amor, vo' ch' abbandoni e lasce , Per non veder ne' tuoi quel ch' a te spiacque.

Page 1