SONNET XXXVII
Il la prie qu'elle daigne au moins du haut du ciel tourner vers lui un regard doux et compatissant.
Belle âme , qui libre es du corps avant le temps La nature ne fit jamais plus belle chaîne), Regarde donc du ciel combien grande est ma peine ; Vois mes yeux dans les pleurs, autrefois si contents.
La fausse opinion j'ai banni qui, longtemps,
Toi douce, te peignit comme étant inhumaine
Et bien sévère aussi ; maintenant, donc, ramène
Sur moi tes yeux sans crainte , et mes soupirs entends.
Regarde le rocher d'où la Sorgue s'empresse De jaillir ; et celui qui se paît de tristesse Et de ton souvenir , sur ses bords tu verras.
Mais ton regard, crois-moi, tu le détourneras De ces lieux* où jadis je vis notre amour naître, Où ce qui te déplut n'a jamais cessé d'être.