‹ Rimes de PétrarqueChapitre 72 sur 168 · SONNET XLI · texte numérisé non relu

SONNET XLI

Laure est une merveille ; aussi il lui est impossible d'en décrire les perfections.

La merveille étonnante et tellement nouvelle Que notre âge entrevit, qui sitôt s'envola , Que le Ciel nous fit voir, que vite il rappela Pour servir d'ornement à la gloire éternelle ;

A qui ne la connut pour la peindre m'appelle

L'Amour, lui qui ma langue autrefois délia ,

Et mille fois en vain après cette œuvre-là,

J'ai mis plume et papier, mon temps, mon étincelle;

Pour telle œuvre ne sont (je le vois à regret)

Les vers assez puissants, et tous ceux-là le sentent,

Qui, comme moi, d'amour ou discourent ou chantent.

Qui jouit d'un sens droit, qu'il l'estime en secret, Nul style ne l'égale, et soupirant qu'il crie : Bienheureux sont les yeux qui la virent en vie ! m G.

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