‹ Rimes de PétrarqueChapitre 80 sur 168 · SONNET XLV · texte numérisé non relu

SONNET XLV

Il désire ardemment de s'unir à elle, qui, le privant de tout bonheur, lui ravit aussi son cœur.

Désormais, ce beau temps, hélas ! est bien passé Que brûlant je vécus, mais non sans avantage ! Mo te est celle que j'ai pleurée en mon langage ; Mais la plume et les pleurs elle m'a bien laissé. i

Le beau visage saint d'être en vie a cessé , Mais, partant, de ses yeux elle a gravé l'image Dans mon cœur jadis mien), qui, suivant son mirage, Disparut dans les plis de son voile enlacé.

Sous terre et dans le ciel il est en sa puissance. Au ciel, où son front ceint la couronne des preux. De son honnêteté la digne récompense.

Que ne puis-je d'ici m'envoler avec eux * , Libre et débarrassé de ma prison mortelle, Exempt de mes soupirs, vers la paix éternelle î m 7

liO: SONNETS ET CAN ZONES

Page 1