‹ Rimes de PétrarqueChapitre 88 sur 168 · SONNET L · texte numérisé non relu

SONNET L

II a le portrait de Laure si vivant dans son cœur, qu'il l'appelle toujours comme si elle y était présente.

A la chute d'un arbre i au sein de la tourmente ( Gomme il est par le vent, par le fer arraché ) Qui de son rare tronc tenait le sol jonché, Sa racine au soleil étant pâle et pendante ;

J'en vis un 2 que ma muse a voulu que je chante, Auquel l'Amour prescrit que je sois attaché , Et qui s'est à mon cœur fortement accroché, Comme le lierre à l'arbre ou bien au mur serpente.

Ce laurier plein de vie où faisaient constamment Leur nid mes chauds désirs et mes hautes pensées. Sur lequel on ne vit jamais feuilles dressées ,

Au ciel est transplanté , mais son asile aimant 3 Ses racines retient ; là, d'une voix profonde, Quelqu'un l'appelle encore, et sans qu'on lui réponde.

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