SONNET LU
Il revoit Vaucluse. Tout lui parle de Laure, Il pense au passé, et il s'en attriste.
L'air de jadis je sons, et je vois apparaître Les lieux où mon Soleil naquit sur ces coleaux , Qui fit tant qu'il vécut mes charmes si nouveaux, Quand maintenant je dois de larmes me repaître.
Qu'il est caduc l'espoir qu'on voit dans l'homme naître ! Les herbes veuves sont, et troubles sont les eaux ; Vide et froid est le nid où ses membres si beaux Reposaient, où je vis, où mort je voulus être ,
Comptant qu'il me viendrait de ses pieds, de ses yeux. Qui mon cœur ont détruit par leur bien longue intrigue. Quelque lé^er repos à ma longue fatigue.
Un maître j'ai servi bien avaricieux ; Sans cesse je brûlai tant qu'elle fut en vie ; Je la pleure aujourd'hui que la mort l'a ravie.