SONNET LIV
La Mort peut bien le priver des beautés de Laure, mais jamais du souvenir de ses vertus.
Épuisés tu les as, ô Mort 1 les éléments De ta force, et réduit l'Amour à Tindigence ; La lumière tu l'as éteinte, et la semence De beauté renfermée en d'étroits gisements;
Dépouillée, oui, tu l'as de tous ses ornements, De son plus bel honneur, notre triste existence ; Mais valeur et renom ne craignent ta puissance. Car ils sont immortels : pour toi les ossements ;
Le reste est dans le ciel, qui se fait une gloire. Comme d'un beau soleil, de sa haute clarté ; Et des bons en tout temps survivra la mémoire.
Comme ici-bas de moi votre grande beauté
Victorieuse fut, faites donc, nouvel ange.
Que là-haut la pitié votre cœur* pour moi change.