‹ Rimes familières (volume 2)Chapitre 23 sur 31 · LA STATUE · texte numérisé non relu

LA STATUE

Et contre ce temps qui le tue L'Homme en vain lutte et s'évertue, Quand, bronze ou marbre, la statue Immobile, impassible, voit

De son œil fixe et sans prunelle Passer les siècles devant elle Et s'avancer l'ombre éternelle Qui sur le passé toujours croît.

Tristes autels où se consume Un reste de tison qui fume, Enfoncez-vous dans cette brume Où le soleil ne luira plus!

Les dieux meurent : leurs temples vides Sont comme ces déserts arides Où frissonnaient jadis les rides Des grands océans disparus;

Page 1