LOINTAIN
Qu'il est doux de cacher dans un coin de son livre
Un souvenir
Que le parfum des vers embaume et fait revivre
Dans l'avenir!
Sur les chemins du cœur sans repos je voyage;
J'ai beau marcher, Derrière à l'horizon j'ai toujours ce village
El sou clocher.
Et la blanche maison assise au bord de l'Oise
Dans un verger...
D'ici je vois encor bleuir le toit d'ardoise
Pointu, léger.
Le goût aurait voulu dessiner un parterre
Devant la cour, Sous un parc imite de ceux de l'Angleterre
Voiler le jour.
Mais là les seuls pommiers s'arrondissaient en voûte
Sur le fruit mûr; Le raisin pour tenter les passants de la route
Grimpait au mur.
Point de fleurs. Si le vent soufflait la violette
Près du noyer, Avec le foin la fleur tombait sous la serpette
Du métayer.
Là pourtant les bouquets égayaient une chambre
De leurs couleurs :
Les vases conservaient de janvier à décembre
Toujours des fleurs.
Ces roses du dehors pour qui fleurissaient-elles?
Qui les offrait?
J'avais quinze ans; l'amour croisa ses blanches ailes
Sur mon secret.
Mais d'un premier désir qui perdrait la mémoire?
J'en tremble encor.
passez daus mes vers, par les portes d'ivoire. Mes rêves d'or !