‹ Rimes galantesChapitre 38 sur 42 · LOINTAIN · texte numérisé non relu

LOINTAIN

Qu'il est doux de cacher dans un coin de son livre

Un souvenir

Que le parfum des vers embaume et fait revivre

Dans l'avenir!

Sur les chemins du cœur sans repos je voyage;

J'ai beau marcher, Derrière à l'horizon j'ai toujours ce village

El sou clocher.

Et la blanche maison assise au bord de l'Oise

Dans un verger...

D'ici je vois encor bleuir le toit d'ardoise

Pointu, léger.

Le goût aurait voulu dessiner un parterre

Devant la cour, Sous un parc imite de ceux de l'Angleterre

Voiler le jour.

Mais là les seuls pommiers s'arrondissaient en voûte

Sur le fruit mûr; Le raisin pour tenter les passants de la route

Grimpait au mur.

Point de fleurs. Si le vent soufflait la violette

Près du noyer, Avec le foin la fleur tombait sous la serpette

Du métayer.

Là pourtant les bouquets égayaient une chambre

De leurs couleurs :

Les vases conservaient de janvier à décembre

Toujours des fleurs.

Ces roses du dehors pour qui fleurissaient-elles?

Qui les offrait?

J'avais quinze ans; l'amour croisa ses blanches ailes

Sur mon secret.

Mais d'un premier désir qui perdrait la mémoire?

J'en tremble encor.

passez daus mes vers, par les portes d'ivoire. Mes rêves d'or !

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