‹ Ris et croquis [microforme]Chapitre 10 sur 76 · CHRONIQUE DE NOËL · texte numérisé non relu

CHRONIQUE DE NOËL

L’airain sacré de nos temples a résonné : de nombreux fidèles accourent à son appel. Cloches, pourquoi troubler le silence de la nuit, et vous, chrétiens, pourquoi diriger vos pas silencieux vers ces étincelants sanctuaires où mille gerbes de lumière se confondent avec mille guirlandes de verdure ?

Interrogez la nature, elle vous répondra.

Demandez au ruisseau, ce qu’il murmure, sous sa blanche pelisse ; demandez au bocage, ce que chante la bise dans ses rameaux dénudés; demandez à l'étoile qui scintille, le secret de son nouvel éclat ;-demandez au poète, ce que redisent les cordes inspirées de sa lyre :

he nage

ST ane

Ecoutez ! un cri se prolonge,

Un cri qui grandit aussitôt ; Regardez, ce n’est pas un songe, L’'éclair précurseur luit là-haut :

Gloire aux cieux dans leur étendue !

Il est né, répète la nue :

A ce mot seul, mais triomphant, La terre frémit d’allégresse,

Et le ciel lui-même s’abaisse Auprès du berceau d’un enfant,

Noël ! tel est le mot que clame la nature dans son mystérieux langage !

Noël! telle est la fête que l'Église célèbre, en souvenir de l’humble, mais sublime naissance de l'Enfant-Dieu,

A Bethléem, sous un toit chancelant, un roi, le plus grand des rois voit le jour.

Les pâtres du vallon entourent son berceau, et le timide chalumeau dans la plaine, harmonise ses premiers vagissements.

Enfant, pourquoi naiïs-tu dans ce triste abandon; pourquoi as-tu préféré pour ta couche,

dans

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roi,

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mme ne me - -

quelques pailles entrelacées, au duvet le plus moelleux ?

La véritable grandeur se plaît dans de simples atours.

Le nouveau-né de Bethléem est appelé à de grandes destinées ; il naît loin des palais somptueux des souverains de la terre ; loin des symphonies brillantes de leurs cours mondaines,afin de mieux s'identifier au rôle divin qu’il doit remplir sur la grande scène terrestre.

Il grandira ; bientôt il sera en butte à la jalousie et aux persécutions de l’impie.

Sur le mont du Calvaire, une larme s’échappera de ses yeux : une larme de sang, et le sol qui la recevra, verra bientôt émerger de son sein, une plante nouvelle, plante unique, mais pleine de la sève de l’existence.

A sa vue, le despote orgueilleux verra son étoile pâlir et son trône chanceler.

La plante merveilleuse frappera ses projets diaboliques de stérilité. En vain prononcera-t-il sa destruction ; en vain sèmerat-il autour d'elle

la haine et l’outrage ; en vain s'armera-t-il du fer et du feu, pour la détruire dans la dernière de ses racines : efforts superflus, la plante croîtra, grandira toujours, et deviendra arbre : un arbre dont l’épais feuillage ombragera bientôt toute la terre, et dont les branches vigoureuses, renver. sant l’impie de son piédestal, délivreront les nations du joug odieux de l'impiété.

Cet arbre est aujourd’hui l’Église qui, de ses vastes arceaux, domine la foule qui s’empresse de venir rendre hommage à Jéhovah, lors de la célébration de chaque anniversaire de sa naissance.

Où est maintenant celui qui a persécuté le nouveau-né de Bethléem, dès son berceau, et l’a contraint de fuir en Egypte?

Où est celui qui lui fit verser cette larme de

sang, source de notre immortalité ?P Le héros du Calvaire est venu ; et, comme l’a si bien dit Racine :

J'ai vu l’impie adoré sur la terre.

Pareil au cèdre, il cachait dans les cieux Son front audacieux.

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[Il semblait, à son gré, gouverner le tonnerre, Foulait aux pieds ses ennemis vaincus, Je n'ai fait que passer, il n’était déjà plus,

Tout, dans la nature, porte à la poésie, et il n'est pas un objet terrestre qui n'ait eu son chantre ou son poète.

Toutes les saisons enjolivées de leur parure particulière : le printemps, avec ses roses et ses lilas en fleurs ; l'été, avec ses senteurs balsamiques et ses blés dorés; l'automne, avec ses feuilles jaunissantes et les teintes grises de son ciel nuageux ; l’hiver enfin, avec ses fêtes joyeuses, ses talus glacés, et ses forêts de blancs cristaux: rien n’a échappé aux doux accords d’une lyre mélancolique ou aux airs légers des chalumeaux et des hautbois.

La fête de Noël ne fait pas exception à la règle générale.

Elle a ses bardes rustiques et ses chantres ailés.

Les premiers, surtout, par un heureux rapprochement des chœurs célestes avec les chœurs d’ici-bas, des hymnes des séraphins avec le chant des bergers, de l'écho des cieux avec l'écho des campagnes : nous charment par la simplicité naïve, et la grâce de leurs admirables improvisations.

Les anges, Lou rei de glori, ei nat en Bethléem Levas vou, non agnes paour de ren, | Les bergers.

Prenguen lei flutos, lei fifris, les tambours

Parten tous n’esperen pas le jour Canten tous chacun à vostre tour.

Parfois l'ange est passé, les bergers sont seuls, et le lauréat de leurs danses sur le gazon, de leurs chansons sous le hêtre solitaire, les exhorte de ses mâles accents, à se mettre en route pour l’étable de Bethléem :

Allons bergers, allons tous, L'ange nous appelle,

Un sauveur est né pour nous :

L’heureuse nouvelle !

Une étable est le séjour

Qu’a choisi ce Dieu d'amour.

pro-

s d’ihant y, des licité

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